
Aujourd’hui intégrée de façon règlementaire dans les cahiers des charges des collectivités publiques, la démarche d’achats responsables dans les organisations devrait prendre de l’ampleur, grâce, notamment, à l’obligation d’ici 2013 pour les entreprises de plus de 500 salariés de rendre compte de leurs impacts sociaux et environnementaux et en particulier de l’état de leur politique d’achats responsable dans un reporting extra-financier (cf. décret d’application de l’article 225 de la loi Grenelle 2, en cours de validation).
64% des entreprises interrogées considèrent la politique d’achats responsables comme un objectif prioritaire : véritable levier de l’intégration du développement durable dans l’entreprise, les achats sont actuellement amenés à se transformer profondément pour intégrer ces nouveaux enjeux.
Les achats durables, porte d’entrée du développement durable dans l’entreprise
A l’échelle européenne, les achats du secteur privé représentent 45% du PIB, et 65% du chiffre d’affaires des entreprises tous secteurs confondus***. Si la fonction achats est de fait au cœur des enjeux économiques de l’entreprise, elle est également partie intégrante des enjeux sociaux et environnementaux : pivot entre l’entreprise et ses fournisseurs notamment, les achats responsables permettent de mettre en place des relations durables et viables sur le plan économique, social et environnemental. Pour 2/3 des entreprises, la gestion de l’image de l’entreprise vis-à-vis de ses parties prenantes est le facteur principal qui les incite à intégrer les principes de développement durable dans leur stratégie achats.**
Les achats durables, facteur de transformation tant en interne qu’au sein de la relation avec les fournisseurs
Les prérogatives des acheteurs évoluent et ne sont plus guidées uniquement par des critères qualité/prix : il s’agit pour eux d’intégrer les principes du DD dans leurs choix. Cette évolution de la fonction qui nécessite formation et montée en compétence représente un véritable levier de motivation des équipes.
Par ailleurs, l’intégration de critères sociaux et environnementaux dans le choix des fournisseurs en sus des critères ‘classiques’ économiques transforme les relations de l’acheteur à son fournisseur. Elle signe le passage d’un mode de relations transactionnel à un mode de relations plus coopératif : l’entreprise exerce une influence sur le fournisseur qui s’adapte à la demande du client et on peut imaginer à terme des relations de codéveloppement de produits avec les fournisseurs. La filière d’approvisionnement durable s’agrandit verticalement et favorise dialogue et innovation. Le service des achats participe ainsi de l’élargissement de la responsabilité sociétale de l’entreprise à ses parties prenantes.
Si le développement durable doit concerner tous les services de l’entreprise, la fonction achats est réellement au cœur des relations entre services de productions et fournisseurs et moteur auprès des autres fonctions de l’entreprise pour orienter les décisions et intégrer le développement durable.
Mettre en œuvre dès aujourd’hui une démarche effective d’achats responsables permet à l’entreprise d’anticiper la règlementation mais surtout de se positionner sur une thématique porteuse, facteur d’innovation et de dialogue, de renforcer sa relation fournisseur et de se prémunir ainsi contre les risques, et de contribuer à l’image de son entreprise en matière de responsabilité sociétale de l’entreprise.
*ORSE-Ecovadis 2010, Etude mondiale sur le reporting des grands groupes en matière d’achats responsables
**Etude AgileBuyer - Groupement Achats HEC pour l'Usine Nouvelle de janvier 2011 sur les priorités des Services Achats
***Le guide de l'acheteur, Patrick Caverivière, Editions Demos




Achats : Transformation de fond dans l’entreprise 



