Conférence de Cancun : un pas en avant pour les négociations internationales sur le climat
Suite à l’échec de la Conférence de Copenhague, les enjeux de la 16ème conférence des parties à la Convention sur le changement climatique, qui s’est tenue à Cancun (Mexique) du 28 novembre au 11 décembre derniers et réunissant plus de 200 pays, étaient donc grands.
A l’issue de ces 15 jours de négociations, un accord global a pu être trouvé et ratifié par tous les Etats (sauf la Bolivie, qui souhaitait un texte plus contraignant). Il recouvre les sujets suivants :
- Réaffirmation d’un accord d’intention global pour limiter la hausse des températures à 2° d’ici 2050,
- Engagement des pays, industrialisés et en développement, à formaliser leurs promesses de réduction des émissions pour la période post- Kyoto, donc à partir de 2012, avec dates d’engagement et stratégies de développement sobres en carbone. Certains pays européens (Espagne et Portugal), tout comme des grandes entreprises, L’Espagne, le Portugal ainsi que certaines entreprises (Google, Unilever, l’Oréal etc)se sont d’ailleurs engagés à baisser leurs émissions de CO2 non plus de 20%, mais de 30% d’ici à 2020,
- Mise en place de mesures de lutte contre la déforestation, via un système de compensations financières pour les pays dotés d’importantes forêts tropicales et mettant en place des actions pour la limiter, avec la concrétisation du programme REDD+ (pour « Reducing emissions from deforestation and forest degradation », « Réduire les émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts »)
- Définition d’une aide aux pays en développement pour faire face au changement climatique : financière d’une part, avec la création d’un Fonds vert (impliquant une dotation du fonds de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 par les pays les plus riches) ; et technique d’autre part, avec la création d’un centre de technologie pour le climat pour permettre aux pays en développement d’accéder aux technologies vertes
Certes, il reste à donner corps aux différents sujets actés lors de la conférence, en fixant notamment des objectifs précis, les moyens à mettre en œuvre derrière les déclarations d’intentions, et les engagements concrets de chacun. Mais la conférence de Cancun aura tout de même permis une avancée majeure dans la lutte internationale contre le réchauffement climatique, en rassurant les différents acteurs sur la capacité de la communauté internationale du système des Nations unies à aboutir à des éléments de décisions concrets, et en restaurant la confiance dans le dialogue multilatéral comme solution à la lutte contre le réchauffement climatique.
Prochaine étape des discussions : la conférence de Durban (Afrique du Sud), en novembre 2011.




Appliquons les ! Février 2011 



