Conférence de Nagoya


Le 29 octobre dernier s’est achevée à Nagoya, au Japon, la 10ème réunion des Parties de la Convention sur la diversité biologique (COP 10), qui réunissait  plus de 15 000 représentants de 193 pays (n’incluant pas les Etats- Unis). Son objectif : mettre en place des solutions pour protéger les espèces et les écosystèmes de la planète, et en partager plus équitablement les bénéfices.

 

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La conférence s’est donc soldée par la signature d’un accord portant sur 2 enjeux majeurs :

 

La lutte contre la perte de biodiversité d’ici à 2020. Des « plans stratégiques » ont été définis, comportant une vingtaine d’objectifs. Quelques engagements marquants :

  • Réduction au moins de moitié de la perte des habitats naturels, ce qui inclut les forêts, avec un objectif à terme de « perte zéro »
  • Augmentation du nombre d’aires protégées : passer de 12 à 17% d’aires terrestres protégées et de 1 à 10% pour les zones marines
  • Restauration de 15% des terres dégradées
  • Mise en place d’une  gestion durable des stocks de poissons et de la pêche
  • Suppression des subventions soutenant des activités nocives pour l’environnement…

L’accès équitable aux ressources génétiques et le partage des bénéfices de leur exploitation

Si le 1er traité concerne toutes les organisations, qu’elles soient publiques ou privées, le 2ème concerne plus particulièrement les industries pharmaceutiques, cosmétiques ou spécialisées dans l’agriculture, qui ont, de par leur activité, un accès régulier aux ressources offertes par la biodiversité. Le traité vise ainsi à garantir le partage des avantages liés à l’exploitation et l’utilisation de ces ressources avec les populations autochtones ou les pays en développement dans lesquelles elles se trouvent, les incitant et leur donnant les moyens de les protéger.

 

Quels enjeux pour les entreprises ?

Parmi les objectifs fixés par le protocole d’accord, beaucoup concernent directement les entreprises, comme l’intégration de la biodiversité dans leurs prises de décision d’ici 2020, ou encore la suppression des subventions néfastes pour la biodiversité.

Les impacts de ces dernières sur la biodiversité sont en effet loin d’être neutres, que ce soit en termes de retombées directes de leurs  activités sur les écosystèmes, ou d’exploitation des ressources naturelles.

La prise en compte de telles préoccupations par les entreprises est donc essentielle, et les enjeux sont nombreux, que ce soit en termes d’image, d’innovation, mais aussi d’anticipation des règlementations et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Les entreprises réalisent de plus en plus qu’elles- mêmes dépendent de la biodiversité pour leurs activités, que ce soit en termes de matières premières, d’énergie, de ressources génétiques…

Malgré ces enjeux, les entreprises ont encore peu intégré le sujet dans leur politique développement durable : selon une étude Mac Kinsey de juin 2010, sur 1500 grandes entreprises étudiées, seules 9 % affirmaient que la biodiversité était  un « enjeu majeur dans leur stratégie DD », contre 42 % pour le changement climatique.

L’accord  issu de la conférence pourrait donc permettre aux entreprises et aux gouvernements d’avancer dans la prise en compte de la biodiversité dans leur politique développement durable,  en leur fournissant un cadre de réflexion stratégique sur le sujet.

 

En savoir plus : Le site de la Conférence de Nagoya


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